Etrangère à son temps

18 septembre 2011

Tout d'abord

Bonjour à toi qui t'es perdu sur ma page parmi la centaine de milliers que recèlent Internet. Si tu penses être tombé sur un blog enragé et engagé, tu t’es trompé, mais ce n’est pas pour autant que tu ne devrais pas le lire.

Comme indiqué brièvement dans la description, je suis une jeune étudiante Martiniquaise vivant sur Paris depuis 2008. Je suis une personne extrêmement sensible qui pourrait sembler être de toutes les causes: on pourrait vite me prendre pour une hippie féministe végétarienne anarchiste qui milite activement pour la survie des baleines (quoi que, j’aimerais bien qu’on leur fiche la paix aux baleines!!!). Enfin bref, je ne suis affiliée à aucune association ni parti politique, mais j’aime quand même faire part de mon point de vue sur certains sujets de société qui me rendent sensibles, et surtout ce qui concerne la France et son rapport avec son passé colonial.

Pourquoi donc ce sujet en particulier?

Mon « Antillanité » n’a jamais été pour moi quelque chose que je brandis dès que je le peux, elle fait partie de moi, point barre. Je ne me suis jamais sentie obligée de porter des t-shirts « 972 » ou de scander « noire et fière » afin d’essayer de me construire une identité (sachez même que je différencie les deux). Elle est le support de mon être que je nourris avec des philosophies du monde entier et des réflexions au travers de mon parcours de vie.

Hors, il semblerait qu’en  ces temps de crise socio-économique, les esprits s’échauffent, les politiques se lâchent dans la surenchère raciste/homophobe/sexiste (et bien d’autres) faisant ressurgir des choses enfouies dans l’inconscient collectif, comme un enfant abusé dans son enfance n’arrivant pas à faire face lorsque la difficulté ressurgit. J’aimerais pouvoir parler de tous ces aspects(et je le ferais), mais je pense surtout aborder ce dont je suis le plus au fait (à savoir les Antilles, la France et le passé colonial). J’ai tendance à éviter de trop parler de certains sujets quand les connaissances dessus me manquent par honnêteté intellectuelle (ce que beaucoup de personnes font, même si c’est un comportement humain).
 
Pour être claire, je n’aime pas les gens se faisant passer tout le temps pour des victimes, je parle bien sûr des antillais qui semblent imputer tout leurs malheurs au passé et qui semblent ne pouvoir se définir qu’autres que descendants d’esclaves, qui ont une haine et un désir de vengeance au fond de leurs coeurs. mais je crois aussi qu’en quelque part, La France a mal géré la décolonisation, entretien un rapport malsain avec ses DOM-TOM et est en déni sur les réelles conséquences de tout cela dans la société antillaise. Sachez que je le blâme pas le peuple Français mes les autorités qui font des populations le support de ces névroses.
J’en ai entendu des choses horribles, j’en ai vu des choses qui font vomir, mais le plus grave reste le silence ambiant qui donne l’impression d’une tacite acceptation au sein de la société française. Tous français? Tous égaux? Je n’en ai pas l’impression.

Avant tout je ne suis pas une anti-française primaire ou une «bounty» , j’essaye juste d’exprimer le plus viscéralement possible mes sentiments a des individus que j’espère êtres capables de voir les choses autrement qu’à travers le prisme de l’orgueil ou des certitudes acquises dans le confort de leur vision de l’histoire et de la société.

Si certains points ne vous semblent pas clairs vous pouvez bien sûr me demander de les expliciter, j’avoue être un individu qui a tellement de choses à dire que parfois ma pensée dépasse mes mots. N’hésitez pas à me corriger si ma prose vous semble imprécise, et surtout évitons d’amener la haine sur ce blog, je sais que le sujet est sensible, mais ce n’est pas en faisant du déni que les choses disparaissent, au contraire!

J’aime tout le monde, j’aime la vie, et les nôtres sont trop courtes pour la violence et la rancœur.

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23 octobre 2011

La France et ses départements



11H20 heure de Paris, je m'écoute du Nina Simone tout en lisant rue89, notamment cet article sur Mayotte dans lequel l’auteur parle un peu de la situation sociale plus qu’explosive en ce moment dans le très récent 101 ème département français.

Entre les élections présidentielles, qui arrivent et les peuples qui commencent à se révolter, il serait peut être temps pour les départements d’outre mer de commencer à songer à leurs destins.

De toute évidence, la France semble éprouver quelques difficultés à gérer les spécificités socioculturelles dans ses départements sous couvert d‘un dogme qui dirait que la République est une et indivisible, tous Français quoi qu‘il arrive.

Viscéralement, je trouve aberrant et malhonnête de la part de la Métropole d’avoir départementalisé Mayotte. Vous allez me dire « oui, mais un référendum a été organisé, tout cela a été fait « démocratiquement ». Avec un taux d’abstention record et une situation sociale et économique déjà précaire à la base, vous m’étonnez que même un abruti aurait pu prédire le résultat. C’est aggraver la situation socio-économique, de sacrifier le bien être et le développement d’une population sur l’autel du sacro saint dieu politico-capitaliste, allez hop, sacrifions du monde dans la course au pouvoir, ils sont assez cons pour se laisser faire se disent ils tous! (remarquez quand même combien cette dernière phrase peut être applicable à tous les peuples dans le Monde).En même temps, pourquoi se priveraient t’ils, nous les laissons faire!

Je vais donc arrêter de parler de Mayotte et commencer à m’intéresser à la Martinique, mon île natale chérie qui parfois (non, en fait très souvent) me donne envie de me taper la tête contre les murs. Détrompez-vous, nous ne sommes pas pires que les autres (il faut arrêter de se flageller comme nous le faisons), mais parfois il faut arrêter de regarder son voisin et faire le ménage dans sa maison.

Nous sommes selon les chiffres 398 733 sur un bout de terre de 1128 km². Climat optimal, rythme de vie agréable, cadre de vie rêvé, enfin bref, selon la légende et les cartes postales, là bas c’est l’Eldorado.

Certes, je ne vais pas être de mauvaise foi et vous dire que effectivement,  mes rêves sont pavés de rêveries sur mon île natale (entre deux songes sur le dernier calendrier des Dieux du Stade, mais c’est une autre histoire), mais le réveil m’est toujours très douloureux quand j’entend parler d’une énième rixe qui s’est soldée par une mort pour un prétexte aussi débile qu’un « regard de travers », ou qu’au gré de mes vagabondages facebookiens, j’ai droit à un concentré de médiocrité intellectuelle entre « walpas » et « louloutes » qui me semblent parfois constituer une norme sociale (bon, certes, c’est Facebook, mais tout de même ça pique les yeux et ça perce le cœur).Les politiques qui attaquent leurs adversaires avec les arguments les plus stupides, la jeunesse oisive qui tiennent les murs de France Telecom et qui « draguent » tout ce qui bouge de 0 à 99 ans depuis que ça a un cul, les gens qui préfèrent rester plantés devant les Télénovelas plutôt que de se lever et de construire le futur de leur pays, qui prennent ce qu’on leur dit pour argent compter sans essayer de remettre et en cause, et qui tendent la main vers la France dès qu’une difficulté survient sans essayer de s’en sortir tout seuls, êtres enfin grands et retrouver un semblant de dignité, ces gens qui justement érigent la médiocrité en norme sociale, poussant les esprits le plus éclairés à fuir pour trouver l‘asile. S’élever intellectuellement et spirituellement, grandir, êtres dignes, préserver notre Nature et notre Culture, développer un semblant de libre arbitre, construire une économie viable sur le long terme, et enfin, ENFIN couper ce cordon toxique et nécrosé qui nous unit à la France. Soyons réalistes, soyons courageux, prenons notre destin en main.

Peuple Martiniquais, si il te reste un peu de dignité, lève toi et marche.

Posté par Lalibleu à 12:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]